A la suite d'un coup d'État en 1989, le général Omar El-Béchir prend la direction du Soudan et devient Chef d'État. Il met apparemment fin à 6 ans de guerre civile. Mais cette dernière a déplacé des populations et a appauvrit le pays. Cependant, le pire reste à venir. Une loi pénale en 1991 est instituée et autorise des peines sévères telles que les amputations, la lapidation, et l'application de la Charria dans le sud du pays, une région principalement chrétienne.
Le Nord musulman et le Sud chrétien - animiste vont se livrer de nouveau dans une guerre civile qui fera cette fois plus de deux millions de mort, avant de s'achever par un accord de paix.
Depuis un an, on assiste à une recrudescence de la violence. Des villages sont attaqués et il y a peu de survivants. Ces signes augurent-ils les prémisses d'une nouvelle guerre. Autre fait bizarre, les armées et de nombreuses milices et groupes rebelles accumulent des armements en contournant les embargos sur les armes imposés par l'Union européenne et l'Onu.
Mais actuellement ce n'est pas cette image du Soudan qui est communiquée ; mais celle d'un pays qui entre pour la première fois de son histoire dans la démocratie.
La communauté internationale a décidé de contribuer à la réussite d'une paix en finançant un montant de 91 millions de dollars américains pour l'organisation des prochaines élections au Soudan, prévues en avril 2010. Dans cette optique, le régime soudanais et l'ancienne rébellion sudiste semblent être parvenus dimanche dernier à un accord sur l'introduction de réformes démocratiques et le référendum sur l'indépendance du Sud prévu en janvier 2011.
Si tout semble idéale comment doit-on comprendre le communiqué d'Andrew Heavens ? “l'armée nordiste dispose de 225.000 hommes et de 310.000 armes légères. Les sudistes de l'armée de libération populaire du Soudan (SPLA) disposeraient de 125.000 équipés de 175.000 armes légères. Il faut ajouter à cela deux millions d'armes aux mains de civils soudanais.”
Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch, explique très bien ce paradoxe : « Le Soudan se trouve à la croisée de deux chemins (...) Ce pays peut soit honorer ses engagements, soit permettre à la situation de se détériorer davantage avec des pratiques répressives. »
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